Comment gérer la trêve hivernale ?

Dans l’article de ce mois de décembre, nous allons aborder la gestion de la trêve hivernale qui est particulière cette saison en raison de l’arrêt des championnats amateurs. Quel que soit les saisons sportives, à plus forte raison cette année, cette coupure est une période délicate à gérer mais si importante pour soigner les blessures survenues lors de la première partie du championnat, pour recharger les batteries et surtout pour profiter des fêtes de fin d’année.

Du fait de l’arrêt des championnats amateurs de tous les sports, la gestion de la trêve hivernale s’adresse aux arbitres de football, handball, basket-ball et rugby mais peut aussi s’adresser à des joueurs de ces disciplines. Les questions que beaucoup se posent, sont « Comment gérer ma trêve hivernale compte tenu du contexte ? » et « Comment reprendre l’entraînement début janvier ? »

Pour cette saison si particulière, après une période de compétition de 2 mois, puis une période de confinement et donc l’arrêt des championnats amateurs du début novembre à la fin décembre, deux cas de figure peuvent se présenter aux arbitres.

1/ Si l’arbitre a gardé une activité aérobie 3 à 4 fois par semaine de début novembre jusqu’au dimanche 20 décembre, celui-ci peut se permettre de faire une coupure de 15 jours pendant les fêtes sans conséquences physiologiques négatives.

2/ Si l’arbitre a arrêté son activité aérobie 15 jours ou plus ou a réduit le nombre de séances par semaine, celui-ci reprendra une activité à dominante aérobie pendant les fêtes ou augmentera son nombre de séances pour ne pas perdre trop de temps dans la planification étape par étape de son travail foncier. Plus l’arrêt de l’activité physique de l’arbitre sera long, plus le travail foncier au mois de janvier sera long et compromettra la reprise du championnat sur le plan physique.

La planification

Chaque arbitre est différent de part son niveau d’arbitrage, de son vécu en terme de contenu de séance depuis le début de saison, des blessures qui ont pu survenir dans les deux premiers mois, de sa situation géographique, des infrastructures à côté de chez lui, de son état de forme et des conditions météorologiques.

En fonction de tous ces éléments, la planification du travail foncier début janvier et le contenu des séances de l’arbitre devront se faire en étroite collaboration avec le préparateur physique. Pour les arbitres fédéraux il faut prévoir un suivi hebdomadaire avec le kinésithérapeute. Ce travail devra être individualisé et planifié chaque semaine pour optimiser le potentiel physique de l’arbitre afin que celui-ci soit performant dès la reprise des compétitions. Une planification des séances « clé en main » sur internet comme il en existe au début de l’été ou des plans d’entraînement diffusés aux arbitres pour la trêve hivernale, sur plusieurs semaines irait à l’encontre d’une bonne préparation car les paramètres cités plus haut ne seraient pas pris en compte. A cette période de reprise, la communication entre l’arbitre et le préparateur physique est essentielle pour réajuster le contenu des séances de la semaine. Dans la planification des séances, à un certain moment de la préparation de l’arbitre, le préparateur physique va donner des orientations différentes dans le contenu : Il y aura des nuances entre les programmes de l’arbitre et celui de l’arbitre assistant en lien avec les différentes disciplines : football, futsal, handball, basket-ball ou rugby. Ces orientations répondent aux différentes exigences physiques ainsi qu’aux différentes fonctions de chaque arbitre.

Conclusion

En cette période, savoir gérer sa trêve hivernale est primordiale pour bien démarrer la deuxième partie du championnat. Ceci exige des connaissances professionnelles tant sur le plan physiologique que dans sa planification.

En effet à la suite d’un arrêt sur plusieurs semaines, les répercussions physiologiques sont entre autre une augmentation de la fréquence cardiaque au repos, une baisse de l’ATP, une baisse des capillaires sanguins, une baisse du VO2 max. Afin d’atténuer ces effets, le préparateur physique devra planifier dans le temps le travail foncier pour mettre en place « de bonnes fondations », augmenter le taux d’ATP, retrouver une aisance respiratoire et augmenter la densité des capillaires qui irriguent les fibres musculaires. L’objectif est de préparer l’organisme de l’arbitre sur le plan aérobie mais aussi sur un plan musculaire, articulaire et tendineux afin d’éviter d’éventuelles blessures. Il serait regrettable d’avoir fait une bonne première partie de saison sur le plan physique et négliger cette trêve en vue de la reprise avec des conséquences qui seraient nuisibles pour la suite de toute la saison.

                                                                                                        Eric BOITARD

                                                                                            DESS Préparation Physique

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